
Forêt Imaginaire
TR
₺ 75,000
Barış Gülen' - plus d'œuvres
Le titre ouvre un vaste espace en deux mots. La forêt des contes n'est pas une vraie forêt — elle est plus dense, plus dangereuse, plus belle. On s'y perd, mais cette perte n'est pas effrayante, elle est transformatrice. Dans chaque conte, la forêt est un seuil : celui qui y entre n'est pas le même que celui qui en ressort. Cette œuvre visualise précisément ce seuil, le cœur même de cette transition.
La domination du vert sur cette toile est sans égale dans l'ensemble de la collection. Cette famille de couleurs, allant du vert forêt sombre au vert gazon vif, du jade pâle au turquoise électrique, n'est pas monotone, mais stratifiée et profonde. Tout comme lorsque vous vous trouvez au cœur d'une vraie forêt : dans chaque direction, une teinte différente, une intensité différente, une lumière différente. Cette richesse du vert est le conte lui-même — la preuve visuelle de la vivacité, de la polyphonie et du caractère envoûtant de ce monde.
La zone bleu marine et jaune-or du haut évoque le ciel et la lumière qui filtre à travers les cimes de la forêt. Ces deux couleurs — le bleu de la nuit et l'or du jour — nous disent que la forêt existe aussi bien le jour que la nuit, qu'elle abrite à la fois la lumière et l'obscurité. Les forêts des contes sont ainsi : elles ne sont pas sûres, mais elles sont envoûtantes ; l'obscurité et la lumière coexistent simultanément, à l'ombre d'un même arbre.
Le langage des formes porte dans cette œuvre un caractère différent des autres travaux. Aux côtés des formes nettes et pointues, des formes courbes, organiques et rappelant des feuilles se dessinent. Ce langage organique confère à l'œuvre un rythme biologique — la forêt respire, grandit, se transforme. Le noir qui s'étire à travers la composition telle un tronc et des branches donne à cette structure une véritable profondeur et une sensation de tridimensionnalité ; il rappelle le jeu de lumière et d'ombre se glissant entre les arbres.
La zone sombre du bas, presque noire, est le sol de la forêt — humide, obscur, demeure des racines qui nourrissent toute cette vitalité. Ce sol apporte à la composition un poids et une solidité ; voir tous ces verts scintillants et ce bleu s'élever d'un fond aussi sombre rappelle une fois de plus la vérité selon laquelle la vie naît de l'obscurité.
Forêt des Contes se place parmi les œuvres les plus joyeuses et les plus librement respirées de cette série, aux côtés de Visite Inattendue. Toutes deux s'ouvrent vers l'extérieur, s'élargissent et invitent le spectateur quelque part. Mais cette œuvre porte un appel plus archétypique, plus universel et plus ancestral — une invitation à cette forêt gravée dans la mémoire de l'humanité, à ce seuil magique où commencent les contes et où s'opèrent les transformations. La forêt vous attend. Et vous n'en ressortirez pas la même personne.