
Dégénérescence
TR
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Dégénérescence, produite en technique mixte et acrylique aux dimensions de 50×35 cm, est une composition conceptuellement audacieuse qui équilibre le poids de son titre par une vivacité visuelle.
Le titre porte des connotations scientifiques, médicales et sociales. Dégénérescence signifie une détérioration, une dissolution, l'usure d'un système de l'intérieur. Mais cette œuvre ne présente pas la dégénérescence comme un processus sombre ou désespéré ; elle la présente de manière chaotique, colorée et paradoxalement comme une transformation créatrice. Peut-être que la vraie question est : combien de vie y a-t-il dans quelque chose qui se détériore ?
La zone bleu clair et verte du haut répond immédiatement à cette question. Le fond turquoise brillant et les masses vert vif dans le coin gauche disent qu'au milieu même de la dégénérescence, le ciel reste ouvert, la nature persiste. Cette zone supérieure apporte une fraîcheur et une lumière inattendues à la composition ; comme s'il y avait encore au-dessus de la détérioration un espace où l'on peut respirer.
Dans les parties centrale et inférieure, la dégénérescence elle-même devient visible. Les formes rouges, bleu marine, roses, violettes et noires se coupent, se poussent et se transforment mutuellement. Aucune forme n'a pu préserver son intégrité complète ; tout s'est fragmenté, déformé ou est resté inachevé. Mais cette fragmentation n'est pas un manque, c'est l'aspect inévitable de la transformation — tout comme la dégénérescence dans les processus biologiques ouvre la voie à de nouvelles formes.
Les zones de texture en demi-teintes assument une fonction particulièrement significative dans cette œuvre. Ces points d'impression qui apparaissent sur le fond vert et blanc pointent vers la dimension numérique et médiatique de la dégénérescence — pixellisation, corruption de données, perte de résolution de l'écran. La dégénérescence de notre époque n'est pas seulement biologique ; c'est aussi une usure vécue au niveau de l'information et de l'attention. Cette couche de texture ouvre l'œuvre non seulement à un questionnement corporel, mais aussi social.
La circulation libre des courbes noires et des formes pointues à travers la composition visualise la manière dont la dégénérescence se propage — systémique, s'étendant dans toutes les directions et ne connaissant aucune limite. Cependant, ces formes noires ne détruisent pas ; au contraire, elles rendent les couleurs sous-jacentes plus visibles, les encadrent et les font paradoxalement ressentir comme précieuses.
Dégénérescence défend avec insistance la beauté dans la détérioration et que la détérioration n'est pas une fin mais une transition. L'œuvre dérange le spectateur mais ne l'abandonne pas ; elle choisit de montrer les couleurs qui brillent dans cet inconfort, de pointer vers la vie sous la destruction. Et peut-être que son message le plus fort est celui-ci : chaque dégénérescence est en même temps l'annonciatrice d'une régénérescence.